Boosting brainpower at the barre

Plusieurs personnes assises dans un studio de danse lèvent les bras et le mention vers le plafond.

La stimulation de l’activité cérébrale à la barre

Des chercheurs découvrent comment le mariage unique de la musique et du mouvement dans l’apprentissage de la danse peut améliorer la santé mentale et physique de patients atteints de la maladie de Parkinson
15 janvier 2018

Tandis que Rachel Bar enseignait la danse à des personnes atteintes de la maladie de Parkinson à l’École nationale de ballet, à Toronto, l’un des participants lui a confié que le cours avait des retombées bien réelles pour lui.

« Nous travaillions une danse depuis un certain temps, et il m’a expliqué qu’il connaissait une journée particulièrement difficile », raconte Mme Bar.

Cet homme vivait souvent des blocages – une incapacité temporaire de bouger –, condition de certaines personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

« Il m’a dit s’être mis à danser dès qu’il a entendu la musique! La danse l’a libéré de ce blocage. » Cette expérience est venue valider l’hypothèse de Rachel Bar, qui étudie depuis le premier cycle universitaire les effets positifs de la danse sur les personnes atteintes de la maladie de Parkinson, une affection neurodégénérative qui touche des dizaines de milliers de Canadiens chaque année et qui est la plus courante après la maladie d’Alzheimer.

Ancienne ballerine, Rachel poursuit ses travaux en organisant à l’École nationale de ballet des cours de danse pour des personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Ce programme aide les parkinsoniens à bénéficier des bienfaits physiques et psychologiques de la danse, qui améliore les habiletés motrices et l’activité cérébrale.

De la sixième à la douzième année, Rachel a étudié à l’École nationale de ballet. Peu après l’obtention de son diplôme, elle a été engagée par le English National Ballet, pour qui elle a dansé pendant quatre ans. Elle a ensuite passé deux ans avec le Israel Ballet, à Tel-Aviv.

Même si la danse est son premier amour, Rachel Bar a toujours su qu’elle voulait faire de la recherche universitaire.

« J’avais l’impression d’avoir une contribution plus importante à apporter, au-delà de la scène », explique-t-elle.

Pendant la troisième année de ses études de premier cycle en psychologie à l’Université York, elle a proposé une idée de recherche à Joseph DeSouza, qui lui enseignait la neuroscience.

Elle voulait découvrir ce qui se produit dans le cerveau d’un danseur qui apprend et exécute une chorégraphie.

Rachel et Joseph ont recruté des apprentis du Ballet national du Canada. Pendant huit mois, ils ont surveillé les fluctuations de l’activité cérébrale des danseurs à l’aide d’une technologie d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle financée par la FCI. Grâce à cette technologie, ils ont pu évaluer l’afflux sanguin au cerveau des danseurs pendant l’apprentissage d’une nouvelle chorégraphie.

« Je ne crois pas que la plupart des étudiants qui font une thèse de baccalauréat ont la chance de formuler leurs propres questions de recherche et de recourir à des technologies sophistiquées comme l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle. Cette chance, je la dois vraiment à Joe. C’est ce qui m’a accrochée. »

Ensemble, Rachel Bar et Joseph DeSouza ont constaté une courbe d’apprentissage nette chez les danseurs. L’activité cérébrale allait en augmentant jusqu’à la huitième ou neuvième semaine pendant l’apprentissage d’une chorégraphie. Ensuite, il y avait une stabilisation, puis au huitième mois de répétition, il y avait une diminution de l’activité dans certaines zones du cerveau.

« Comme on peut s’y attendre, le cerveau est assez efficace. Plus on répète quelque chose, moins certaines zones sont sollicitées », explique Rachel Bar.

Cette première étude l’a amenée à s’intéresser aux effets de la danse sur les personnes atteintes de troubles du mouvement, comme la maladie de Parkinson.

« Cette étude faite pendant mon programme de premier cycle nous a incités à créer le programme Danser avec le Parkinson à l’École nationale de ballet. C’est difficile d’imaginer ce qui se serait produit sans cela. »

La maladie de Parkinson est un trouble cérébral qui survient généralement chez des adultes de 50 ans et plus. Elle nuit à la capacité de bouger et entraine souvent des tremblements, des blocages et des problèmes de démarche et d’équilibre. Les parkinsoniens peuvent aussi présenter d’autres symptômes, comme des troubles cognitifs, la dépression ou l’anxiété.

Selon Rachel, la danse est une activité idéale pour les parkinsoniens, étant donné que l’apprentissage d’une chorégraphie est un exercice qui force la création de liens entre le cerveau et le corps.

« Il y a une théorie voulant qu’il s’agisse de l’activité qui permet de faire le plus de gains, relate Rachel. En plus de l’exercice physique, des aspects créatifs, cognitifs et sociaux sont mis à profit. »

Rachel poursuit actuellement des études de doctorat à la Ryerson University. Elle organise notamment des séances d’information dans des hôpitaux et des établissements de recherche partout au Canada pour aider les professionnels de la santé à comprendre l’importance des programmes artistiques dans la prise en charge de maladies.

« À mon avis, les arts ont beaucoup à apporter dans le domaine de la santé, et j’espère que mes travaux pourront aider d’autres personnes à en prendre conscience », conclut-elle.

(Cette vidéo est disponible uniquement en anglais)

Rédigée et dirigée par Karen Suzuki, et produite par Suzy Choueiri, grâce à une subvention de bravoFACT, uen division de Bell Media inc.