Ocean science thumbs a ride

Deux grosses chaines rouillées sont assemblées à une troisième par un large maillon. Les chaines sont suspendues dans les airs au-dessus des vagues de l’océan.

La recherche océanographique s’invite à bord

Doug Wallace de la Dalhousie University équipe des navires de commerce de capteurs pour recueillir des données sur les changements qui s’opèrent dans l’une des régions océaniques les plus importantes du monde
11 février 2015
Vue en plongée d’un bateau gonflable orange. Plusieurs personnes vêtues d’un casque de sécurité et d’une combinaison orangée se trouvent à l’intérieur.

Des chercheurs de l’Institut océanographique de Bedford
en Nouvelle-Écosse récupèrent l’Icycler,un appareil utilisé
pour mesurer la température, la salinité et les
concentrations de chlorophylle sous les glaces de
l’Arctique. Doug Wallace et son équipe de la
Dalhousie University prévoient déployer des capteurs
similaires dans la mer du Labrador.
Mention de source : M.Vining, CERC.OCEAN

Par Tyler Irving

Les turbulences complexes de la vie océanique à l’échelle mondiale, depuis la prolifération du plancton à la viabilité des pêcheries commerciales, relèvent toutes de trois éléments chimiques : le carbone, l’azote et l’oxygène. Les activités humaines ont aujourd’hui des répercussions sans précédent sur les cycles naturels biogéochimiques de ces éléments. Ainsi, près de la moitié du dioxyde de carbone lié aux combustibles fossiles émis au cours des 200 dernières années a été absorbé par l’océan, ce qui s’est traduit par la production d’acide carbonique et l’acidification des océans. L’objectif de l’équipe de recherche de la Dalhousie University dirigée par Doug Wallace, titulaire de la Chaire d'excellence en recherche du Canada sur la science et la technologie des océans, est de suivre ces changements – et de comprendre leurs implications.

Le défi est avant tout un problème d’échelle. Non seulement les navires de recherche sont très coûteux à exploiter, mais ils ne peuvent fournir qu’un instantané d’un secteur donné. « Les océans sont vastes et difficiles d’accès, souligne M. Wallace. Nous avons besoin de nouvelles technologies et de plateformes plus intelligentes à partir desquelles nous pourrons prendre nos mesures et avoir une meilleure compréhension de la situation. »

Une stratégie prometteuse consiste à s’associer à des bateaux de commerce qui naviguent de toute façon dans ces régions. Ainsi, l’Atlantic Condor est un navire de ravitaillement en mer qui fait la navette entre Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, et la plateforme de forage gazier Deep Panuke au large de l’île de Sable, à 300 kilomètres au sud-est de Halifax. Il traverse ainsi la plate-forme néo-écossaise, une zone importante sur le plan écologique qui sert de frayère et d’aire d'alevinage à de nombreux poissons et coquillages. Grâce au financement octroyé par la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI), l’équipe de Doug Wallace a pu acheter une série de capteurs faits sur mesure qu’on ajoute à la prise d'eau de refroidissement du bateau pour recueillir des données sans modifier l’horaire ni les activités du navire. À compter de 2015, ces capteurs permettront de surveiller les concentrations d’oxygène, de dioxyde de carbone et d’autres gaz dissous ainsi que la salinité, la température et même les taux de chlorophylle. On pourra ainsi estimer la présence de vie marine.

La transformation de l’Atlantic Condor et d’autres bateaux du genre en « navires d’observation bénévoles » permet non seulement à M. Wallace et à ses collègues de couvrir un plus vaste territoire, mais aussi de suivre les changements d’une saison ou d’une année à l’autre. Les chercheurs peuvent compléter les données de surveillance par des études en laboratoire. Par exemple, si l’équipe observe un pic dans la concentration d’un gaz dissous donné à un moment particulier, elle peut prélever des échantillons dans cette zone et vérifier quels organismes pourraient en être la cause.

Aucun programme de recherche ne pourra jamais englober la totalité des océans et Doug Wallace s’empresse de rappeler l’importance de la coopération internationale. Il précise toutefois que le Canada peut apporter un éclairage unique grâce à sa géographie. Ainsi, la mer du Labrador est l’une des rares régions où l’eau de surface plonge dans les abysses, transportant l’oxygène dissous et d’autres nutriments clés. « Chaque année, l’océan prend une grande respiration dans la mer du Labrador, poursuit M. Wallace. « L’Atlantique du Nord-Ouest est une région extrêmement importante, pas seulement pour le Canada, mais pour l’ensemble de la planète. »

VISIONNER : Pour en savoir plus sur la Fondation canadienne pour l’innovation.

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