La recherche menée dans les universités et les collèges est un succès national à célébrer

15 octobre 2014

C’est la Semaine nationale des sciences et de la technologie. Et à Ottawa, si l’on se rend avenue King Edward, on aperçoit un nouvel exemple de célébrer les réalisations scientifiques canadiennes. Depuis le trottoir, le seul spectromètre de masse par accélérateur au Canada, un appareil de 44 tonnes à la fine pointe utilisé par les chercheurs pour dater des objets anciens ou des caractéristiques géologiques à partir de très petits échantillons, se dévoile. Le bâtiment qui l’abrite, le Complexe de recherche avancée, ainsi que les chercheurs qualifiés qui y travaillent, permettront à l’Université d’Ottawa de devenir un chef de file mondial de la photonique et un moteur de la recherche géoscientifique.  

En parcourant le pays, vous découvrirez dans nos universités et collèges de nombreux autres exemples de la recherche canadienne, considérée comme la meilleure au monde. La University of Victoria possède le microscope le plus puissant de la planète; le Perimeter Institute de Waterloo compte parmi les centres de physique théorique les plus avant-gardistes à l’échelle mondiale; l’Ocean Tracking Network de la Dalhousie University suit les déplacements et la survie des animaux marins dans le monde entier. Les sommités mondiales de la génomique, de l’aérospatiale, des énergies propres et de la cybersécurité travaillent dans les vénérables enceintes de nos établissements. Des instituts de recherche réputés tels que Max Planck, en Allemagne, et le Centre national de la recherche scientifique, en France, s’installent sur nos campus pour établir des collaborations et tirer profit de notre savoir.

Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Il suffit de retourner 20 ans pour mesurer le chemin parcouru. Au milieu des années 1990, le Canada était affligé de l’« exode des cerveaux ». Nos chercheurs partaient pour les États-Unis et l’Europe où ils bénéficiaient d’un soutien accru. Aujourd’hui, les meilleurs talents, les plus brillants cerveaux sont attirés par le rayonnement international grandissant du Canada et par ses installations de recherche avancée. Prenons l’exemple de Robert Boyd du Centre de recherche avancée. En 2010, ce chef de file mondial et chercheur révolutionnaire dans le domaine de l’optique et de la photonique est venu des États-Unis comme titulaire d’une chaire d’excellence en recherche du Canada à l’Université d’Ottawa. Il travaille aux côtés de Paul Corkum, un physicien de renommée internationale qui a récemment reçu le prix Harvey – souvent considéré comme un précurseur du prix Nobel.

Or, la majorité des Canadiens sont conscients-ils de la qualité exceptionnelle de la recherche menée dans ce pays?

Il est parfois difficile de s’y retrouver. Classements et rapports tentent de sonder l’état de la recherche canadienne : si beaucoup sont favorables, on entend plus souvent parler de ceux qui en donnent une image négative. Bien qu’il y ait une part de vérité dans ces évaluations, quand vient le temps de considérer la recherche au Canada, il ne faut pas s’arrêter aux propos négatifs qui font si souvent les manchettes. On risque de perdre de vue tous les progrès réalisés et de fragiliser le soutien public nécessaire pour financer une recherche qui propulsera les sciences et la technologie au Canada.

La Semaine nationale des sciences et de la technologie est une occasion privilégiée de se rappeler les remarquables avancées qui se déroulent dans nos universités et nos collèges. On n’a qu’à penser aux centres des sciences et aux écoles du pays qui soulignent les nombreuses réalisations scientifiques du Canada – la découverte de l’insuline par les Torontois Frederick Banting et Charles Best en 1922, la théorie de la tectonique des plaques formulée par John Tuzo Wilson, d’Ottawa, dans les années 1970. Les célébrations de la science au Canada inspireront la prochaine génération de chercheurs et d’innovateurs, héritiers de notre système de recherche canadien de calibre mondial, qui propulseront le pays vers d’autres niveaux.

Gilles Patry est président-directeur général de la Fondation canadienne pour l’innovation, la seule organisation qui finance l’infrastructure de recherche de pointe au pays. Cet article d’opinion a été publié à l’origine sur le site Web du journal Ottawa Citizen le 15 octobre 2014.​