Le pouvoir unificateur de la recherche

11 décembre 2017

La recherche fait aujourd’hui appel aux partenariats et aux réseaux pour favoriser la mise en commun des données et des idées, et pour trouver des réponses aux grandes questions auxquelles nous sommes confrontés.             

Alors que je survolais les Prairies enveloppées depuis peu dans un manteau blanc qui couvrirait bientôt l’ensemble du pays, j’ai eu le souffle coupé en apercevant des aurores boréales traverser le ciel pour ensuite disparaitre dans la profonde obscurité de cette nuit d’hiver. J’ai alors songé à la nordicité, qui unit les Canadiens, et aux mystères de l’univers, communs à l’ensemble du monde.  

En cette période de l’année où les jours raccourcissent à l’approche de l’équinoxe, nous avons une conscience aigüe du passage du temps. Pensons seulement aux saisons qui se succèdent, à nos enfants qui vieillissent, aux arbres que nous avons plantés et qui ont grandi ou même à notre propre reflet dans la glace. Depuis la nuit des temps, l’être humain a cherché à percer le secret de l’éternité, à défier sa propre mortalité. Au XVIe  siècle, Ponce de León explorait les Everglades en quête de la fontaine de Jouvence. Aujourd’hui, ces recherches ont cours dans des laboratoires à la grandeur du Canada où l’on s’emploie à trouver des traitements contre le cancer et les maladies infectieuses et des méthodes pour régénérer des cellules mortes à la suite d’accidents.

N’est-ce pas extraordinaire que nous, des êtres imparfaits, soyons capables d’imaginer la perfection. Nous vivons dans un monde rempli de phénomènes merveilleux comme les aurores boréales, les arcs-en-ciel et les parélies (aussi appelées faux soleils). Au XVIIIe siècle, Benjamin Franklin démontrait la nature électrique de la foudre. Un siècle plus tard, l’électricité servait à éclairer nos villes et aujourd’hui, nous exploitons son énergie pour traiter les mélanomes, alimenter les véhicules et propulser des engins spatiaux.

Nous savons que le Canada, comme chacun de nous, n’est pas parfait.  Mais cette volonté de s’améliorer n’est pas seulement une source puissante de motivation, elle est synonyme de passion et de bonheur.   

Quand je visite des laboratoires ou des bibliothèques, des centres de collecte de données à distance ou des pôles d’analyse, je vois de jeunes chercheurs ravis à la perspective de collaborer à de possibles découvertes et d’apporter une importante contribution au Canada – que ce soit de déterminer la raison de l’apparent déséquilibre entre matière et antimatière ou de comprendre comment utiliser un équipement complexe afin de pouvoir travailler dans l’industrie et de contribuer à l’économie. Quand ils résoudent une équation mathématique, un problème social ou sont porteurs d’espoir et d’humanité, ils insufflent de la beauté et un sens à nos vies.   

Quand il est question de vies remplies de sens et d’emplois enrichissants, je pense à ces jeunes chercheurs et je sais que l’avenir du Canada est assuré grâce à cette culture de la recherche et de la découverte.  

De nos jours, la recherche fait appel aux partenariats et aux réseaux pour favoriser une mise en commun des données et des idées. Nos chercheurs collaborent entre disciplines, campus et universités partout au pays et dans le monde. Les enjeux et problèmes importants exigent des actions internationales concertées.  Ensemble, les chercheurs peuvent assembler les pièces du casse-tête et répondre aux questions que nous nous posons sur notre univers, notre existence et l’avenir de la planète.

Cet effort de collaboration met en lumière un aspect de la recherche dont on parle moins souvent : le rapprochement en tre les chercheurs et entre les chercheurs et la population mondiale.  Nous sommes unis dans notre quête face à notre mortalité et à notre quête de sens, et la recherche collaborative menée en réseau est fondamentale à ce type de réflexion.   

Quand on nous demande ce qui nous rend fiers d’être Canadiens, nous sommes nombreux à mentionner immédiatement notre participation dans les Casques bleus, ces gardiens de la paix.

Mais aujourd’hui, le maintien de la paix ne suffit plus. Il faut établir la paix, consolider la paix.  Les Canadiens peuvent jouer ce rôle également. Ils peuvent être les architectes de la paix internationale en offrant un soutien à nos chercheurs, en investissant dans des outils de communication, dans un dialogue mondial qui transcende les frontières géographiques et se poursuivra longtemps après nous. Et si, à la faveur d’une réflexion brillante et de travail acharné, nous parvenons à percer ne serait-ce qu’une partie des secrets de l’univers, alors nos idées auront des retombées durables et le Canada sera reconnu comme un pays d’éclaireurs, un chef de file qui contribue à bâtir un monde meilleur où la paix est possible.

Roseann O’Reilly Runte est présidente-directrice générale de la Fondation canadienne pour l’innovation.