Objectif monde : les Canadiens récoltent les fruits des collaborations de recherche internationales

27 janvier 2015

Les investissements fédéraux et provinciaux au cours de la dernière décennie ont créé une assise de recherche si solide que le Canada suscite aujourd’hui l’intérêt de partenaires des milieux de la recherche et de l’industrie partout sur la planète. Offrant chercheurs talentueux et installations de pointe, le riche environnement de recherche dans nos universités et nos collèges attire des collaborateurs internationaux exceptionnels.  

Les retombées sont importantes pour le Canada – depuis l’accroissement de notre propre capacité de recherche et d’innovation et la perspective de possibilités de recherche et d’occasions d’affaires sur la scène internationale jusqu’au rayonnement de l’expertise canadienne appelée à relever certains des plus grands défis mondiaux. Sans compter la création d’emplois pour les Canadiens.

Encore récemment, la communauté mondiale de chercheurs ne pensait pas au Canada quand venait le temps de trouver des partenaires de recherche internationaux de premier plan. S’ils reconnaissaient les compétences et les réalisations individuelles des chercheurs canadiens, beaucoup d’organismes de recherche étrangers estimaient qu’il manquait à leurs homologues canadiens un appui d’une profondeur et d’une ampleur suffisantes pour leur permettre d’être véritablement concurrentiels à l’échelle internationale.

Les choses ont bien changé. Le Canada est aujourd’hui perçu comme un pôle de recherche dynamique, créatif et bien équipé. Il est devenu une destination de choix pour les chercheurs de talent et les grands instituts de recherche d’autres pays.

Regroupant 67 instituts et dotée d’un budget de recherche annuel de 2 milliards d’euro, la plus grande organisation de recherche appliquée en Europe, l’allemande Fraunhofer-Gesellschaft, a formé deux partenariats clés dans le Sud de l’Ontario. Ainsi, à la Western University de London, un partenariat à long terme a été conclu avec le Fraunhofer Institute of Chemical Technology en 2012 en vue de créer le Fraunhofer Project Centre for Composites Research. Cette installation de pointe développe de nouvelles technologies et des matériaux légers destinés aux secteurs de l’automobile, du transport, de la construction, de la défense et des énergies renouvelables.

Au cœur de l’installation se trouve une énorme presse à mouler de 2500 tonnes, construite à Windsor, en Ontario. L’appareil permet aux chercheurs canadiens et allemands d’intégrer la science fondamentale sur les composites dans un procédé industriel et des innovations matérielles afin de relever des défis de fabrication concrets. Ces chercheurs et leurs étudiants œuvrent à l’avant-garde de la science des matériaux tout en contribuant à inventer les pièces légères qui seront incorporées dans la prochaine génération d’automobiles construites en Allemagne et au Canada. Le Canada aura ainsi des automobiles à haut rendement énergétique et une industrie automobile plus concurrentielle.

Non loin de là, à Hamilton, la McMaster University a fait l’annonce, en avril, d’une collaboration avec le Fraunhofer Institute for Cell Therapy and Immunology pour construire le nouveau McMaster-Fraunhofer Project Centre for Biomedical Engineering and Advanced Manufacturing. Outre la création d’une centaine d’emplois bien rémunérés en sciences et en génie, le plus grand avantage associé à ce partenariat sera la mise au point de technologies novatrices pour automatiser la production de thérapies cellulaires, permettant ainsi de réduire considérablement les coûts de traitement de maladies dégénératives telles que le cancer. Freiner la croissance des dépenses en soins de santé et créer des emplois de grande qualité sont des priorités en Ontario. Les citoyens sortiront donc doublement gagnants de ce partenariat international.

La collaboration internationale amorcée en 2011 entre l’Université Laval à Québec et le Centre national de la recherche scientifique en France – l’un des organismes de recherche les plus réputés du monde – pour mesurer les effets des changements climatiques sur l’écosystème de l’océan Arctique – aura des retombées à grande échelle pour les Canadiens. Cette recherche porte sur les communautés biologiques et les processus à la base de la chaîne alimentaire de l’Arctique, dont dépendent tous les animaux marins.

L’objectif de ce projet est d’inventer et d’installer un système d’observation de l’Arctique fondé sur de nouvelles technologies de télédétection. Il vise également à concevoir, à valider et à utiliser des modèles diagnostiques et prévisionnels des écosystèmes afin d’être en meilleure position pour anticiper les effets des changements climatiques et des nouvelles activités humaines dans le Nord. Ces outils de pointe, ainsi que les connaissances connexes, aideront les collectivités nordiques à mieux surmonter les grands défis de la gestion d’un environnement arctique en rapide mutation et faciliteront l’adaptation à ce milieu changeant.

Ce ne sont là que quelques-unes des douzaines de collaborations de recherche internationales ayant récemment vu le jour au pays. Mais il y a plus encore. Non seulement les collaborations de recherche internationales apportent-elles de la valeur grâce aux technologies et aux nouvelles connaissances qu’elles créent, mais aussi en offrant l’éducation et la perspective mondiale dont a besoin la prochaine génération de Canadiens pour réussir.  

L’an dernier, le Comité consultatif sur la stratégie internationale en matière d’éducation du gouvernement du Canada expliquait pourquoi, dans une économie axée sur le savoir, l’éducation internationale est un moteur-clé de la prospérité et de la capacité d’innovation. Le comité précisait que dans une économie mondiale de plus en plus intégrée, le Canada doit former des personnes hautement qualifiées et compétentes capables de rivaliser avec les meilleurs éléments à l’échelle planétaire. Cette internationalisation permet aux générations actuelles et futures de Canadiens d’acquérir une perspective mondiale, ce qui est d’une importance stratégique, compte tenu du rôle grandissant de notre pays sur les marchés internationaux et dans les affaires géopolitiques.

De plus, quand les étudiants internationaux qui ont étudié ici retournent dans leurs pays d’origine, ils deviennent des ambassadeurs du Canada et facilitent l’accès à un plus grand nombre de partenariats étrangers. Une stratégie d’éducation internationale bien conçue pourrait aider à résoudre les enjeux démographiques et liés au marché du travail, à créer des emplois et à accroître les exportations et l’investissement. En outre, si l’on s’assure que la prochaine génération de Canadiens – ceux-là mêmes qui bâtiront la société prospère à laquelle nous aspirons tous – a une bonne compréhension du monde et peut apporter sa contribution à une communauté mondiale complexe et en tirer profit, cela se traduira par un important avantage à long terme pour le Canada.

Toutefois, l’établissement de collaborations internationales avec les meilleurs chercheurs du monde ne laisse aucune place à l’improvisation. Cela requiert des investissements soutenus et à long terme dans le capital humain, les installations de recherche et l’infrastructure de recherche qui rendront possible un développement scientifique et technologique de calibre mondial. Les Canadiens croient en l’importance de créer un horizon d’investissement dans une recherche de calibre mondial.  En poursuivant le développement de la capacité de recherche du Canada, nous indiquons clairement à nos collaborateurs internationaux que le Canada est là pour rester.

Gilles Patry est président-directeur général de la Fondation canadienne pour l’innovation, la seule organisation qui finance l’infrastructure de recherche de pointe au pays. Ce commentaire a été publié à l’origine dans le magazine Research Money le 28 novembre 2014.​